Entrevue : La prostitution, au cœur de l’organisation des luttes féministes

Avec Yolande Cohen à l’émission Plus on est de fous, plus on lit!

Le 17 octobre dernier, à l’occasion du lancement de son tout dernier ouvrage Prostitution et traite des femmes, Yolande Cohen fut invitée à l’émission Plus on est de fous, plus on lit! animée par Marie-Louise Arsenault.

Durant cette entrevue, l’historienne et professeure présente son plus récent ouvrage et ses recherches portant sur la prostitution et la traite des femmes dans le cadre des luttes féministes au XXe siècle.

Nouvel article de Yolande Cohen et Philippe Néméh-Nombre :  » Le Conseil national des femmes juives du Canada et l’accueil des femmes juives d’Afrique du Nord au Québec au xxe siècle : une mé-rencontre  », 2019.

Pour consulter la publication, cliquez ici

À l’instar des Conseils nationaux créés à la faveur des mobilisations féministes et maternalistes au tournant du xxe siècle, les femmes juives se dotent de Conseils nationaux en Amérique du Nord. Un petit groupe d’entre elles fonde ainsi à Toronto le National Council of Jewish Women of Canada (NCJWC) en 1897, tandis que sa section montréalaise voit le jour en 1918. Alors que la population juive au Canada augmente considérablement (de 8 000 personnes à près de 48 000 personnes entre 1900 et 1920), la mobilisation des communautés juives pour accueillir et aider ces migrants à s’intégrer dans leur nouveau pays suscite la création d’institutions spécifiques comme la Jewish Immigrant Aid Society (JIAS).

C’est dans ce contexte que le Conseil canadien, qui est très proche des orientations du National Council of Jewish Women des États-Unis, doit adapter ses stratégies en fonction des politiques nationales canadiennes et québécoises en matière d’immigration, de travail social, etc. Nous voulons ici documenter l’un des effets de cette aide, en analysant en particulier l’inclusion des femmes migrantes au sein des sections du Conseil, principalement le cas des femmes sépharades qui arrivent au Canada (principalement à Montréal et à Toronto) à la fin des années 1950.

L’inclusion de ces dernières au sein du NCJWC sera minimale, voire nulle, pendant les premières années. Ce phénomène se retrouve dans les autres groupes de femmes juives, principalement ashkénazes, qui font de l’intégration des immigrants-es une priorité, mais qui peinent à intégrer des migrantes en leur sein. Au Québec, on voit toutefois apparaître dans les années 1960 et 1970 une timide incursion de femmes sépharades au sein du Conseil ; cosmétique ou tokenism, cela pourrait s’expliquer par le fait que ces dernières parlent français et que leur présence pourrait être utile dans une société majoritairement francophone. Il faut attendre les années 1980-1990 pour que la distance entre philanthropes et immigrantes soit posée comme un réel problème à régler.

Qu’est-ce qui explique ce décalage entre, d’un côté, les principes d’intégration des immigrantes et, de l’autre, l’absence des femmes sépharades de groupes tels que la NCJWC, alors qu’elles sont pourtant impliquées dans des organisations sociales et politiques dès leur arrivée ? Qu’est-ce qui explique la volonté ou la nécessité tardive de « rejoindre » ces mêmes femmes sépharades ? L’article proposera des éléments de réponse à ces questions, qui interrogeront tant le rapport à la langue et à la majorité francophone, que la distance culturelle entretenue et l’implication des femmes dans des organisations sépharades autonomes. On se demandera si les représentations orientalistes dans les programmes d’aide à l’immigration n’ont pas eu pour effet de dresser des barrières entre elles.

TABLE RONDE : DES FEMMES PARTOUT DANS UN MONTRÉAL PLURIEL (Shalom Montréal), captation vidéo

TABLE RONDE : DES FEMMES PARTOUT DANS UN MONTRÉAL PLURIEL

Dans le cadre de l’exposition « Shalom Montréal – Histoires et contributions de la communauté juive », les contributions des femmes juives et des femmes d’autres origines seront soulignées. Comment font-elles leur histoire? Comment s’expriment-elles? Quels rôles ces femmes ont-elles joué dans la vie sociale et politique montréalaise?.

Invitées :

Vivian Barbot, ancienne présidente de la Fédération des femmes du Québec de 2001-2003 et ancienne députée du Bloc québécois
Yolande Cohen, professeure, département d’histoire, Université du Québec à Montréal (UQAM)
Chantal Maillé, professeure, Institut Simone-de Beauvoir, Université Concordia

Discussion animée par Miriam Fahmy.

EN SAVOIR PLUS SUR L’EXPOSITION : http://www.musee-mccord.qc.ca/fr/expo…
Au Musée jusqu’au 11 novembre 2018
#ShalomMcCord

Captation et montage : Cédric Panos

Deux nouveaux articles : « Prostitution : petite histoire d’un grand débat » (Y. Cohen) et « L’antisémitisme et l’hospitalité canadienne et québécoise » (C. Chevalier-Caron et P. Néméh-Nombré), 7 novembre 2018

Cette semaine, trois membres de notre groupe de recherche présente deux articles :

– « Prostitution : petite histoire d’un grand débat », par Yolande Cohen dans Le Devoir.  Y. Cohen revient sur le débat entourant la position prise par le  Conseil général de la Fédération des femmes du Québec sur la prostitution.

– « L’antisémitisme et l’hospitalité canadienne et québécoise » , par Christine Chevalier-Caron et Philippe Néméh-Nombré dans Histoire engagée. Ces deux chercheurs reviennent sur la controverse entourant les conditions d’accueil des réfugiés juifs au Canada pendant les années 1930-1950.