Chronologie – Grands et petits événements concernant la vie des femmes en France, au Canada et au Québec, 1791 à 1947

par Christine Chevalier-Caron, Yolande Cohen et Samia Dumais

1791-1793 – France

Olympe de Gouges rédige la Déclaration des droits de la femme et de la citoyenne – Malgré le fait que les Françaises sont d’importantes actrices de la Révolution française, la Déclaration des droits de l’homme et du citoyen exclue de facto les femmes de la citoyenneté et des droits qui en découlent. Si le suffrage universel est déclaré, les femmes en sont exclues. Voulant dénoncer le caractère sexiste de la déclaration et faire la promotion des droits des femmes, Olympe de Gouges compose la Déclaration des droits de la femme et de la citoyenne. C’est dans ce texte que se trouve célèbre phrase : « La femme a le droit de monter sur l’échafaud ; elle doit avoir également celui de monter à la Tribune ». Elle meurt d’ailleurs sur l’échafaud, alors que les femmes sont toujours privées du droit de vote.

1804 – France

Adoption du Code civil – L’adoption du Code civil en France n’est pas sans conséquence pour les femmes. Celui-ci confirme leur incapacité juridique et fait des femmes d’éternelles mineures. Voici les conséquences concrètes de cette incapacité juridique : inaccessibilité aux lycées et aux universités, impossibilité de signer un contrat, répression inégale de l’adultère en fonction des genres, nécessité de l’autorisation du mari pour travailler ainsi que l’absence de contrôle sur son salaire. Les Françaises sont donc privées de droits civils et civiques. La contestation du Code civil deviendra une préoccupation centrale des mouvements féminins et féministes du tournant du siècle.

1832 – Canada

Fondation de la Montreal Ladies’ Benevolent Society – Les milieux caritatifs représentent l’une des rares avenues dont peuvent se servir les femmes pour participer activement à la vie publique. La fondation de Montreal Ladies’ Benevolent Society s’inscrit dans un phénomène plus large, alors que les organisations féminines se multiplient. Ces organisations sont surtout des femmes de milieux aisés qui bénéficient de temps pour s’impliquer dans de telles structures.

1833 – Canada

Abolition de l’esclavage – En Nouvelle-France, l’esclavage a officiellement autorité par Louis XIV en 1689. Sa pratique ne prend pas fin avec le changement de régime en 1760. L’esclavage n’est interdit qu’en 1834, un an après que l’Empire britannique sanctionne la loi sur l’abolition de l’esclavage dans les colonies britanniques.  Au Canada, des milliers de personnes noires ont été réduites en esclavage. Les femmes esclaves représentaient entre 5 et 10% des employées de maison.

1834 – Canada

Les parlementaires du Bas-Canada ainsi que les patriotes souhaitent retirer le droit de vote aux femmes – En vertu de l’Acte constitutionnel de 1791, le droit de vote est accordé aux personnes majeures et propriétaires. Menacé dès 1834, ce droit leur est finalement retiré en 1849. Pourquoi donc? Tout simplement parce que pour plusieurs – et tout particulièrement les hommes – le vote des femmes représente une menace pour les familles et les femmes sont jugées inaptes à sa pratique. Les Patriotes se sont également opposés à ce que les femmes aient ce droit.

1848 – International

Convention de Seneca Falls – Organisée à l’initiative Lucretia Mott et Elizabeth Cady Stanton, cette convention se tient en juillet 1848 dans le but de discuter des droits des femmes aux États-Unis. Au terme de la rencontre, les participants et participantes adoptent une « Déclaration des sentiments » sur le modèle de la Déclaration d’indépendance américaine. Cet évènement est déterminant pour le mouvement des droits des femmes. Si cette déclaration est tournée au ridicule par de nombreux détracteurs, elle fait écho aux mouvements révolutionnaires qui ont cours alors en Europe.

1849 – Canada

Retrait du droit de vote aux femmes – En 1848, le Reform Party of Upper Canada remporte les élections. Ce parti naît d’une alliance entre Robert Baldwin et Louis-Hippolyte Lafontaine.  Bien qu’il s’agisse d’un événement extrêmement important dans l’histoire du Canada, il marque également un recul important sur l’agentivité des femmes en politique. Un an après leur élection, Baldwin et Lafontaine retirent le droit de vote aux femmes du Haut-Canada et du Bas-Canada. 

1850 – France

Adoption de la Loi Falloux – Cette loi prévoit la création d’écoles publiques pour filles dans les communes de plus de 800 habitants. Avant cette date, l’éducation des filles – lorsqu’elles y ont accès – est généralement assurée par des religieuses. Toutefois, avec l’avènement de la IIe République, le gouvernement souhaite accroître l’accès à l’éducation républicaine et freiner l’enseignement à tendance religieuse.

1857 – Canada

L’École normale de McGill ouvre ses portes aux femmes – Au milieu du XIXe siècle, l’éducation supérieure demeure peu accessible aux femmes, voire pas accessible du tout. Une brèche s’ouvre en 1857, alors que l’École normale de l’Université McGill ouvre quelques programmes aux femmes. Bien que l’on puisse se réjouir de cette avancée, reste que les seules ouvertures sont dans des domaines relatifs aux soins des autres, ce qui correspond aux fonctions sociales que l’on associe aux femmes.

1861 – France

Première bachelière – Julie-Victoire Daubié devient la première bachelière en France. Connue comme journaliste, Julie-Victoire Daubié a publié plusieurs livres traitant de la condition des femmes. En 1870, Daubié a essayé de s’inscrire – en vain – sur la liste électorale.

1866 – Québec

Adoption du Code civil – Les conséquences sont semblables à celles du Code civil adopté en France 60 ans auparavant. Le statut civil des femmes est assimilé à celui des enfants, ce qui fait d’elles d’éternelles mineures. Elles sont, entre autres, privées d’une multitude de droits, . Elles ne peuvent être tutrices, elles ne peuvent pas intenter de poursuite, elles ne disposent pas de leur salaire, elles ne peuvent pas choisir leur lieu de résidence et elles ne peuvent pas accepter de succession. Ces discriminations sont dénoncées par de nombreuses féministes, dont Marie Lacoste Gérin-Lajoie.

1867 – Canada

Emily Stowe devient la première femme à pratiquer la médecine au Canada – Dans les années 1860, les femmes ne sont pas admises dans les facultés de médecine. Celles qui aspirent à devenir médecin doivent se rendre aux États-Unis pour suivre une formation. C’est notamment le cas de l’Ontarienne Emily Stowe qui se rend aux États-Unis afin de poursuivre des études à la New York Medical College for Women. De retour au Canada, en 1867, elle ouvre un cabinet à Toronto. À partir de la fin des années 1860, on exige que des médecins formés.es aux États-Unis poursuivent une formation au Canada. À l’issue de cette formation, les aspirants.es médecins.es doivent passer un examen débouchant sur un permis de pratique. Cette nouvelle exigence signifie qu’Emily Stowe a pratiqué sans permis pendant près de 10 ans. Durant sa carrière, elle sera accusée d’avoir aidé une jeune femme de 19 ans à avorter.

1869 – Canada

L’interdiction formelle de l’avortement – En 1869, l’interdiction de l’avortement se cristallise par l’adoption d’une loi à cet effet. C’est la première fois qu’il en est mention dans une loi. Si cette pratique a assurément des conséquences sur ceux et celles qui la pratique ou celles qui l’ont subi bien avant cette date, ils et elles font maintenant face à de lourdes condamnations , telles que la prison à vie.

1869-1870 – France

Création du journal Le droit des femmes et mise en place de l’Association pour le droit des femmes – Ces deux projets ont conjointement été initiés par Léon Richer et Maria Desmarais. Bien que la question du droit soit centrale dans la dénomination des deux projets, ceux-ci visent plutôt l’émancipation des femmes de la tutelle paternelle et de l’assignation à la sphère privée. Ces initiatives peuvent être considérées comme le point de départ de la première vague féministe en France. À leur instar, de nombreux journaux et associations seront créés dans les décennies suivantes. Julie-Victoire Daubié, première bachelière, collabore étroitement à ce journal.

1874 – Canada

Formation de la branche canadienne du Woman’s Christian Temperance Union en Ontario – À partir du milieu de XIXesiècle, en Amérique du Nord, les organisations chrétiennes qui se chargent de la promotion de la tempérance sont de plus en plus investies par des femmes. Souhaitant moraliser et assainir la société, elles luttent contre les abus d’alcool. Elles se mobilisent également  afin de réformer les prisons, améliorer les soins de santé et pour un plus grand accès à l’éducation. C’est dans le même ordre d’idées que la Woman’s Christian Temperance Union est fondée aux États-Unis en 1874.

1875 – Canada

Ouverture à Montréal du Young Women Christian Association (YWCA) – Organisation d’origine britannique, la première branche canadienne de la Young Women Christian Association voit le jour en 1870 au Nouveau-Brunswick, puis une branche est fondée à Montréal en 1875. Contrairement à plusieurs organisations pancanadiennes, la fondation de branches locales a précédé la fondation d’une entité nationale qui voit le jour en 1895. L’objectif global du Y est le bien-être des femmes, ce qui se consolide par l’intervention de l’organisation dans divers milieux de travail et dans les institutions scolaires. Le YWCA procure également de l’aide directe aux femmes de Montréal. Les bénévoles de cette organisation ont joué un rôle clé dans l’accueil des immigrants.es dans la première moitié du XXe siècle.

1875 – France

Les lois constitutionnelles de la IIIe République confirment l’absence de droits politiques des femmes.

1875- France

Madeleine Brès, première femme médecin – Dans le dernier quart du XIXe siècle, l’accès à l’éducation supérieure pour les femmes demeure très limité. Si les femmes sont admises dans un nombre grandissant de filières au baccalauréat, celles relatives aux disciplines scientifiques demeurent des chasse-gardés masculins. Malgré tout, Madeleine Brès réussit à se démarquer au point de devenir la première femme diplômée en médecine en France.

1875 – France

L’association Le droit des femmes est fondé par Hubertine Auclert – Depuis son émergence au XIXe, le mouvement féministe s’est toujours caractérisé par la pluralité. Des femmes ne se retrouvaient pas dans les initiatives de Léon Richer et Maria Desmarais, ce qui les poussaient à fonder leur propre institution et journaux. C’est notamment le cas d’Hubertine Auclert qui fonde l’association Le droit des femmes. La création de cette association par Auclert, après quelques années d’étroite collaboration avec Léon Richer et Maria Desmarais, témoigne de la division que l’on peut observer au sein du mouvement des femmes. Si certains.es, tel.le Richer et Desmarais, se contentent de revendiquer l’accès des femmes aux droits civiles, d’autres – dont Auclert – souhaitent que les femmes jouissent pleinement des droits tant civils que civiques.

1875 – Canada

Jenny Trout est la première femme a obtenir un permis de pratique de la médecine – Le parcours de Jenny Trout est intimement lié à celui d’Emily Stowe. À la fin des années 1860, les deux femmes exercent des pressions de sorte à être admises à la Toronto School of Medicine. Après une formation d’un an, Trout se rend en Pennsylvanie pour faire ses études de médecine. À son retour en Ontario en 1875, elle passe les examens du Collège des médecins et chirurgiens de l’Ontario. Elle est, dès lors, autorisée à pratiquer la médecine. Ce n’est qu’en 1880 qu’Emily Stowe y sera autorisée, ce qui ne l’a pas empêché de pratiquer au courant de la décennie précédente.

1876 – Canada

Adoption de la Loi sur les Indiens par l’État fédéral – État colonial, le Canada souhaite accélérer le processus d’assimilation des populations autochtones qu’il croit vouées à disparaître. L’État souhaite aussi déterminer leurs droits et leur statut, ainsi que définir ses propres obligations à l’endroit de ces populations. Certaines des dimensions de cette loi – principalement les articles visant l’assimilation – n’affectent pas les hommes et les femmes de la même manière. Notons, par exemple, l’article 12 (1) b) qui a pour effet de faire perdre le statut à toute femme autochtone mariant un allochtone. Cependant, une femme allochtone qui marient un homme autochtone pourra avoir le statut d’indienne inscrite. La modification de ces articles a été au cœur des luttes menées par les femmes des Premières Nations dans les années 1960 aux années 1980.

1876 – Québec

Ouverture de la première école secondaire pour jeunes filles – Le développement de l’enseignement supérieur pour les jeunes filles du Québec débute avec la mise en place d’une institution de langue anglaise. Située à Montréal, la première école secondaire pour filles du Québec est la High School for Girls. À ce moment, il n’y a pas d’équivalent pour les jeunes filles francophones qui devront attendre le tournant du siècle pour assister au développement d’institutions scolaires secondaires leur étant destinées.

1876 – Canada

Fondation du Women’s Litery Club – Créé à Toronto à l’initiative d’Emily H. Stowe, connue comme la première femme à pratiquer la médecine au Canada, cette organisation a deux objectifs fédérés par le désir d’améliorer les conditions des femmes. Les militantes de l’organisation luttent pour rendre l’éducation supérieure davantage accessible aux femmes et améliorer les conditions de travail des travailleuses. En 1883, le club devient la Toronto Women’s Suffrage Society, organisation visant l’octroi du droit de vote aux femmes.

1878 – France

Congrès international du droit des femmes – Organisé en marge de l’Exposition universelle de Paris de 1878, le Congrès international du droit des femmes est une initiative de Léon Richer et Maria Desmarais. À la fin du XIXe siècle, il n’était pas rare que des congrès féminins et/ou féministes soient mis en place en marge des très courantes expositions universelles organisées dans les grandes villes occidentales industrialisées. Plusieurs centaines de personnes originaires de 16 pays ont participé à ce Congrès international du droit des femmes. Lors de ce Congrès, plusieurs thèmes sont à l’ordre du jour : éducation, travail et famille. Cependant, la question du droit de vote est volontairement exclue. En réaction à ce dernier fait, Hubertine Auclert présente une brochure titrée Le droit politique des femmes : Question qui n’a pas été traitée au Congrès international des femmes. Cet événement n’a fait qu’accentuer le fossé entre les deux branches majoritaires du mouvement de l’époque.

1880 – Canada

Fondation de la Canadian Women’s Suffrage – Du début de la confédération à 1885, aucune loi ne régit les élections au niveau fédéral. Seules les provinces légifèrent en ce sens. C’est dans ce contexte que la question du droit de vote devient un sujet de débat important au sein de la société canadienne en plein essor, ainsi qu’à la Chambre des communes. Au cœur de ces débats, deux questions persistent et sont inévitables : qui sera éligible aux droits de vote? Qui en sera définitivement exclu? C’est dans ce contexte que des femmes se mobilisent afin de faire des pressions dans le but que ce droit leur soit octroyé. Plusieurs organisations sont alors mises en place par des Canadiennes, dont la Canadian Women’s Suffrage. Malgré les efforts soutenus d’organisations de femmes, la loi sur les élections adoptée en 1885 exclut les femmes, les Autochtones et les personnes de descendance asiatique.

1880 – France

Adoption de la loi Camille Sée – Cette loi, adoptée dans la foulée de réformes de l’éducation, vise à organiser l’éducation secondaire des filles. Proposée en 1878, il aura fallu deux ans de houleux débats avant son adoption, alors que plusieurs souhaitent que l’éducation secondaire demeure une exclusivité masculine. Deux ans plus tard, la loi Ferry est promulguée, ce qui rend obligatoire l’éducation primaire de tous les enfants de 6 à 13 ans, peu importe leur genre. La généralisation de l’éducation primaire et le développement de l’offre scolaire secondaire aux filles sont intimement liées avec l’établissement de la IIIe République. Pour de nombreux politiciens, il devient essentiel de scolariser les jeunes françaises destinées à éduquer les futurs citoyens et à devenir mères de la nation. Elles doivent donc être apte à leur transmettre les savoirs et les valeurs républicaines.

1880 – France

Grève des impôts par Hubertine Auclert – Hubertine Auclert est l’une des figures les plus connues du féminisme français de la première vague. Ses positions et son mode d’action étant plus radicaux que chez la majorité des militantes, Auclert se démarque particulièrement. La grève des impôts qu’elle initie en 1880 est d’ailleurs l’une de ses actions pouvant être qualifiée de radicale. Elle explique son action en ces mots : « je n’ai pas de droits, donc je n’ai pas de charges ; je ne vote pas, je ne paie pas », ce qui n’est pas sans rappeler l’une des plus célèbres répliques d’Olympe de Gouge.

1881 – France

Lancement de la revue La citoyenne – La féministe Hubertine Auclert est à l’initiative de ce périodique. Bien qu’elle se soit rendue afin de se joindre à la lutte alors menée par Léon Richer et Maria Desmarais, Auclert semble déçue de son expérience de militantisme à leurs côtés et décide plutôt d’initier des projets à la hauteur de ses aspirations. Elle fonde alors la revue La citoyenne. Elle profite de la parution du premier numéro pour lancer un appel à ceux et celles qui voudraient se joindre à son mouvement : : « Si rationnelle, si juste qu’elle soit, avant d’avoir sa solution, la question des femmes exige une rigoureuse campagne. Nous engageons tous les partisans de l’égalité humaine à se liguer avec nous, pour amener cette puissante souveraine, l’opinion, à vouloir l’émancipation de la femme ».

1881 – France

Fondation de l’École normale supérieure de jeunes filles – Communément appelée École de Sèvre, cette institution scolaire est indissociable de la loi Camille Sé adoptée en 1880 et prévoyant la mise en place d’un secteur d’éducation secondaire pour filles en France. À cette époque, il était indispensable que l’éducation destinée aux filles soit dispensée par des femmes car les rapports de genre sont déterminés par des critères moraux stricts. En effet, les contacts entre jeunes filles et professeurs masculins auraient facilement pu être appréhendés comme dangereux et immoraux. Cette institution d’enseignement supérieur vise à ce qu’il y ait des femmes aptes à enseigner aux adolescentes.

1882 – France

Ligue française du droit des femmes – L’Association du droit des femmes devient la Ligue française du droit des femmes. Cette organisation, d’allégeance républicaine, privilégie la mixité au sein du mouvement des femmes et nomme Victor Hugo président d’honneur.

1883 – Canada

Ouverture de la Woman’s Medical College de Toronto et de la Woman’s Medical College de Kingston – Marquées par les nombreux obstacles auxquels elles ont dû faire face pour accéder à la formation et à la pratique de la médecine, Jenny Trout et Emily Stowe s’engagent dans une lutte afin d’accroître l’accessibilité des femmes à la profession de médecin. Si leurs actions sont parfois communes, leur participation à la fondation de ces deux institutions – qui finissent par être fusionnées – se ne fait pas de concert. Alors que Trout s’implique dans la fondation du Collège de Kingston, dont en lui faisant un don de 10 000%, Stowe est active dans la fondation du Collège de Toronto. En 1894, les deux institutions fusionnent et deviennent l’Ontario Medical College for Women de Toronto.

1885- Canada

Ouverture du débat concernant la Federal Franchise Law – Un important débat sur le droit de vote s’amorce à la Chambre des communes. Il n’est pas seulement question de savoir qui devrait avoir le droit de vote et en vertu de quoi, mais aussi de déterminer quels groupes devraient en être exclus. Le débat est évidemment traversé par des rapports et des discriminations de race et de genre. Si au départ, on constate une ouverture du droit de vote aux femmes et aux autochtones, à l’issue du débat, ni l’un, ni l’autre n’a obtenu le suffrage. Les principaux arguments contre le droit de vote des femmes sont : 1) le suffrage féminin est une menace pour la famille; 2) les femmes risquent d’être manipulées par leur entourage masculin donc forcément, il s’agit d’une menace pour la démocratie. La question du droit de vote des femmes dépasse le cadre de la Chambre des communes comme en témoigne la multiplication des organisations de lutte en faveur du droit de vote qui sont mises en place à cette même époque.

1885 – France

Société pour l’amélioration du sort de la femme et la revendication de ses droits fait du droit de vote une priorité – Alors que Maria Desmarais était de celles qui défendaient l’idée qu’il fallait débuter par la revendication des droits civils avant les droits civiques , ce n’est plus le cas en 1885. À ce moment, elle délaisse sa priorité , l’accès à l’éducation supérieure pour les femmes, et devient présidente de la Société pour l’amélioration du sort des femmes. La société réoriente ses positions : le droit de vote devient une préoccupation centrale.

1888 – International

Fondation du International Council of Women (ICW)/Conseil international des femmes – À l’occasion du 40e anniversaire de la Convention de Senecal Falls (voir plus haut), des militantes décident de se réunir à Washington  afin d’améliorer les conditions d’existence des femmes. Alors que 49 représentantes des 9 pays sont présentes, le Conseil international des femmes est fondé. L’objectif de ce conseil est de servir d’institution parapluie aux Conseils nationaux de partout. Différentes instigatrices du projet, notamment May Sewall, sillonnent ensuite l’Europe afin de stimuler la création de divers Conseils dans différents pays. En l’espace d’une décennie, une dizaine de conseils ont vu le jour : Canada (1893); Allemagne (1894); Angleterre (1895); Suède (1896); Italie (1898); Hollande (1898); Danemark (1899); Suisse (1900); 1901 (France); Autriche (1902). Le CIF constitue la plus ancienne organisation féministe dans le monde.

1889 – Paris

Congrès des œuvres et des institutions féminines – À l’occasion de l’Exposition universelle de Paris, des femmes prennent l’initiative d’organiser, en marge de l’évènement, le tout premier Congrès des œuvres et des institutions féminines. Cet événement met de l’avant le rôle des femmes dans les œuvres et valorise l’idée selon laquelle les femmes doivent jouer un rôle central dans l’amélioration de leur existence.  Quelques-unes des organisatrices de ce Congrès sont de celles qui uniront leur force en 1901 pour fonder la Conseil national des femmes françaises. On y retrouve notamment Isabelle Bogelot et Sarah Monod. Pour certaines historiennes, cet événement symbolise le début du féminisme philanthropique qui sera fédéré autour du Conseil international des femmes.

1889 – France

Des femmes sont candidates aux élections législatives.

1890 – Canada

Ouverture d’une école d’infirmière pour filles – En 1890, Gertrude Elizabeth Livingston pose sa candidature au poste de surintendante de l’Hôpital Général de Montréal.  Diplômée de la Training School for Nurses du New-York Hospital, Livingston prend en charge la création d’une école d’infirmières pour filles. Lors de la première remise de diplômes, Livingston  crée un code d’éthique calqué sur le modèle américain qui oblige les nouvelles diplômées à prêter serment.  En 1894, afin de répondre aux nouvelles exigences liées à l’instauration du modèle professionnel chez les infirmières, la scolarité des étudiantes passe d’un an à deux ans. 

1892 – Québec

Certaines femmes peuvent voter aux élections municipales et scolaires – Si depuis le début du siècle, les quelques femmes pouvant voter ont perdu ce droit, l’accès au droit de vote s’élargit aux femmes célibataires et propriétaires aux niveaux municipaux. Ces mêmes femmes peuvent aussi voter à l’occasion des élections scolaires. Dans un contexte marqué par la multiplication des organisations qui se mobilisent en faveur du droit du suffrage féminin, il s’agit d’une avancée significative.                                                          

1892 – France

Le féminisme civilisationnel est cristallisé à travers la publication Les femmes arabes en Algérie – Si Hubertine Auclert est connue pour sa radicalité et ses actions éclatantes, elle est aussi tristement réputée pour son discours civilisationnel et son appropriation de la condition d’esclave pour définir le statut des femmes. Ayant passé quelques années en Algérie, où son mari travaille à titre de juge de paix, elle consigne ses observations sur la société algérienne – particulièrement en ce qui concerne les femmes – dans des textes qu’elle réunit par la suite et publie en 1892. Ces écrits ont contribué à alimenter les stéréotypes sur les populations algériennes qui perdurent encore aujourd’hui.

1892 – Québec

Criminalisation de la vente et distribution de contraceptifs, ainsi que de la diffusion d’information lui étant relative – À la fin du XIXe siècle, l’État canadien intervient davantage dans le contrôle des naissances en adoptant différentes lois relatives à la santé reproductive. Suite à la criminalisation de l’avortement en 1869,  la distribution, la vente et la diffusion d’information relative à la contraception sont déclarées illégales en 1892. Ces lois représentent une perte d’autonomie significative des femmes face à leur corps. La contestation de cette législation deviendra des chevaux de bataille centraux aux luttes féministes de la deuxième vague.

1893 – International

Congrès de femmes en marge de l’Exposition universelle de Chicago – En 1893, la ville de Chicago est hôte d’une imposante Exposition universelle à fort caractère colonialiste. À l’approche de celle-ci, un comité de femmes est constitué dans le but d’organiser une exposition d’objets qu’elles ont créés. Cette exposition d’objets est loin de satisfaire les ambitions de toutes les femmes collaborant de près ou de loin à la dimension féminine de l’Exposition universelle. C’est notamment le cas de May Wright Sewall. Actrice clé du Conseil international des femmes qui célèbre alors son cinquième anniversaire, May Wright Sewall propose qu’un Congrès soit organisé pour souligner l’occasion. En plus des milliers d’individus qui ont visité l’exposition d’objets, environ 500 femmes – surtout occidentales et quelques afro-américaines ayant été présentées comme des étrangères – ont pris la parole lors de ce congrès qui a donné une importante impulsion au CIF comme en témoigne la fondation de multiples branches nationales dans quelques pays dans les mois et les années qui ont suivi.

1893 – Canada

Fondation du National Council of Women of Canada/Conseil national des femmes du Canada  La mise en place du Conseil national des femmes du Canada est indissociable de la tenue d’une réunion soulignant le quinquennat du Conseil international des femmes en marge de l’Exposition universelle de Chicago au courant de la même année. Lors de cette réunion, les femmes de différents pays sont invitées à former des branches nationales du CIF à leur retour dans leur pays. Rapidement, la branche canadienne prend forme et Lady Aberdeen, présidente du CIF, devient présidente du CNFC. Ce processus de fondation enclenche un phénomène qui s’étend d’un océan à l’autre : la mise en place de conseils locaux dans les plus grandes villes du pays aux prises avec de nombreux problèmes économiques et d’hygiène. Le programme du CNFC est d’améliorer le sort des femmes, des enfants et des nécessiteux dans une perspective de contribuer au développement et à la grandeur de la nation canadienne.

1893 – Québec

Mise en place du Montreal Local Council of Women/Conseil local des femmes de Montréal – Dans la foulée de la création du National Council of Women of Canada, des organisations locales sont fondées dans plusieurs grandes villes du Canada. Montréal n’échappe pas à cette tendance. À l’initiative de Montréalaises déjà impliquées au sein d’œuvres de charité et d’organisations philanthropiques, le conseil montréalais voit le jour la même année que la CNFC. Cette organisation réunit des femmes de la petite bourgeoisie montréalaise, principalement des milieux anglo-protestants, et, dans une moindre mesure, des franco-catholiques. À l’image de l’institution nationale à laquelle le Conseil est affilié, les animatrices de la branche montréalaise ont pour but d’améliorer les conditions d’existence des femmes, ainsi que, plus largement, des enfants et des nécessiteux. L’éducation et l’hygiène sont au cœur de leurs actions. Au début du siècle, l’obtention du droit de vote devient une priorité, ce qui aura comme effet de créer une fracture avec les franco-catholiques qui quitteront le navire afin de créer leur propre institution.

1893 – Québec

Première revue québécoise destinée aux femmes – Bien qu’à la fin du XIXe siècle, il y a de plus en plus de femmes journalistes, il n’y a pas de journal ou de revue tenue par des femmes et destinée à un public féminin. La journaliste Joséphine Marchand Dandurand prend alors l’initiative de fonder Le coin du feu, dont l’objectif est d’enseigner et d’éveiller ce que l’on appelle communément, à cette époque, les « qualités féminines ». Si Joséphine Marchand finira par revendiquer l’accès des filles à l’éducation supérieure, elle affirme dans la première édition de la revue que cette publication n’est en rien féministe et qu’elle se trouve très satisfaite de la liberté dont jouissent les femmes au Canada.

1893 – France

La franc-maçonnerie mixte (le Droit Humain) est créée par Maria Deraismes et Georges Martin.

1896 – Canada

Fondation du Victorian Order of Nurses – Après avoir constaté un manque crucial de médecins et d’infirmières dans les hôpitaux situés dans des espaces isolés, le National Council of Women octroie le mandat de fonder un ordre d’infirmières à Lady Ishbel Aberdeen. En plus d’honorer le soixantième anniversaire d’ascension au trône de la reine Victoria, l’ordre tente de faciliter l’accès aux soins vers ces zones isolées en construisant des chalets médicaux. 

1897 – France

Parution du premier numéro de La Fronde – Entièrement conçu pour les femmes, ce quotidien est le premier journal à s’affirmer comme féministe. Fondé par Marguerite Durand, sa création peut être abordée comme une conséquence – ou la suite logique – du Congrès féministe international. Alors journaliste au Figaro, Durand est chargée de couvrir l’évènement. Cependant, son éditeur lui impose de produire un article discréditant le Congrès et les femmes qui y participent, ce qui témoigne du contexte marqué par un antiféminisme ostentatoire. La journaliste refuse et décide de fonder ce journal qui s’affirme féministe, ce qui s’avère très audacieux pour l’époque. Dès son premier numéro, le journal se définit comme suit: « La Fronde, journal quotidien politique, littéraire, est dirigé, administré, rédigé, composé par des femmes ». 

1897 – Canada

Fondation du National Council of Jewish Women in Canada – Il s’agit de la première association juive et féminine du Canada. L’organisation est créée par Hannah Solomon à la suite de sa participation au Chicago World Fair ; cet événement transforme sa vision de l’implication des femmes juives dans des organisations associatives. Le but de l’association est de repérer les besoins des femmes juives et non-juives et ainsi, fournir des ressources financières pour transformer la communauté.  

1899 – Québec

L’école normale Jacques-Cartier ouvre ses portes aux filles – La profession d’institutrice est l’une des rares options qui s’offrent aux jeunes femmes souhaitant poursuivre des études supérieures au tournant du siècle. L’élite canadienne-française adhère à l’idée selon laquelle les femmes ont davantage de valeurs morales et de qualités naturelles bénéfiques à l’enseignement destiné aux enfants que les hommes.. En effet, l’élite préfère que l’enseignement primaire soit dispensé par des femmes. Pour répondre à cette demande, la nécessité de développer un réseau d’écoles normales pour filles gagne en importance. C’est dans cet ordre d’idée qu’une section féminine est fondée à l’École normale Jacques-Cartier jusque-là uniquement réservée aux jeunes hommes se destinant à une carrière en enseignement.

1899 – France

Mise en place le Groupe féministe socialiste – À la fin du XIXe siècle, dans les mouvements ouvriers français, certaines femmes se retrouvent souvent tiraillées entre leur conscience de genre et leur conscience de classe. Le discours dominant, véhiculé par des hommes, stipule que l’émancipation des femmes devra passer par la révolution prolétarienne. Malgré tout, des femmes prennent l’initiative de conjuguer les deux luttes en créant des organisations féministes socialistes. C’est notamment le cas de Louise Simoneau et Élisabeth Renaud, toutes deux ouvrières, qui fondent le Groupe féministe socialiste. L’éducation politique des femmes et leur accès à de meilleures conditions de vie, particulièrement en ce qui concerne leur situation économique, sont au cœur de leurs préoccupations.

1900- Canada

Immigration de femmes caribéennes – Entre les années 1900 et  1932, le Canada accueille un bon nombre de femmes caribéennes sur son territoire. Cependant, ces femmes sont reléguées à la sphère domestique, afin de pallier au délaissement de ce milieu par les femmes blanches canadiennes en raison des mauvaises conditions de travail. La présence des Caribéennes est donc invisible, même si leur travail est essentiel à la population. Il faut noter que l’arrivée de cette nouvelle main-d’œuvre permet aux femmes eurocanadiennes d’intégrer le marché du travail. 

1900 – France

Congrès international des droits des femmes – Organisé dans le cadre de la tenue de l’Exposition universelle de Paris, cet événement est l’occasion de débattre et de diffuser des connaissances au sujet des conditions d’existence des femmes. L’événement est organisé à l’initiative de Marguerite Durant, notamment connue pour avoir fondé le journal La Fronde. Comme dans le cas d’autres Congrès féminins et/ou féministes organisés en marge d’expositions universelles, le Congrès international des droits des femmes permet aux femmes de différents pays – majoritairement occidentaux – de se rencontrer et d’échanger. Ces rencontres, qui permettent la circulation des idées, donnent généralement une impulsion certaine aux mouvements féministes et féminins lorsque le congrès se termine. Cet événement n’échappe pas à cette tendance comme en témoigne la création du Conseil national des femmes françaises qui se concrétise dans sa foulée.

1900 – Canada

Des Canadiennes se rendent à l’Exposition universelle de Paris – Alors qu’en marge de l’exposition universelle de Paris se tient le Congrès international du droit des femmes, des Canadiennes – dont des déléguées du National Council of Women of Canada/Conseil national des femmes du Canda – se rendent en France pour y prendre part. C’est l’occasion pour celles-ci d’échanger avec des femmes d’autres pays au sujet de leurs conditions d’existence, leurs aspirations et leurs modes d’action. Des réseaux de militantisme internationaux se crées et/ou se solidifient.

1901 – France

Fondation du Conseil national des femmes française – À l’initiative d’Isabelle Bagelot, le Conseil national des femmes françaises (CNFF) est fondé dans la foulée de la tenue du Congrès international du droit des femmes se déroulant en marge d’édition de 1900 de l’Exposition universelle de Paris. Agissant sur plusieurs fronts, les militantes du Conseil sont des réformistes souhaitant voir aboutir l’égalité civile et civique entre les genres. Regroupant de nombreuses philanthropes, la composition du CNFF se démarque par le fait qu’il rassemble principalement des protestantes et, dans une moindre mesure, des femmes de confession juive. L’enjeux du travail du sexe – son abolition – a été au cœur des actions du Conseil.Sarah Monod, Madame Avril de Sainte-Croix, Julie Siegfried sont certaines des militantes les plus connues. Loin d’être l’unique organisation féminine en France, le Conseil national des femmes françaises occupe tout de même une place déterminante au sein de l’échiquier du mouvement féministe se revendiquant d’international. Ceci s’explique par le fait que le CNFF se trouve être la branche française du Conseil international des femmes. Comme son équivalent dans d’autres pays occidentaux, la CNFF sert d’organisation parapluie auxquels sont affiliés une foule d’associations féminines et/ou féministes.

1902 – Québec

Fondation du Colored Women’s Club – Bien que le Montreal Council of Woman, fondé  en place en 1893, se réclame d’inclusif, alors qu’il réunit des femmes de différentes religions, les femmes Noires en sont exclues. Pourtant, les femmes de la communauté noire montréalaise vivent des discriminations en fonction du fait qu’elles sont des femmes, en plus d’en vivre du fait de leur couleur de peau. Elles se réunissent donc au sein du Colored Women’s Club, ce qui leur permet de lutter pour améliorer leurs conditions. Toutefois, leurs actions dépassent largement ce cadre : ces femmes se mobilisent afin d’améliorer les conditions d’existence de tous.tes les Noirs.es et d’aider les immigrants.es Noirs.es à s’insérer dans la société montréalaise.

1902 – Québec

Fondation du Comité des dames patronnesses de la Société Saint-Jean-Baptiste. – Au tournant du siècle, le clergé exerce une pression accrue sur les femmes franco-catholiques qui s’impliquent au sein du Montreal Local Council of Woman, organisation dont les membres sont très majoritairement protestants et revendiquent ouvertement le droit de vote pour les femmes, ce qui n’est pas vu d’un bon œil par l’élite religieuse. Une scission s’opère au sein du MLCW ; les catholiques quittent le navire pour s’organiser au sein du comité des Dames patronnesses associées à la Fédération Saint-Jean-Baptiste. Les fondatrices de ce comité, dont certaines font partie des figures les plus connues du mouvement des femmes au Québec du début du XXe siècle, sont aussi les fondatrices de la Société nationale Saint-Jean-Baptiste. Ces femmes sont Joséphine Marchand-Dandurand, Caroline Dessaulles–Béique et Marie Lacoste-Gérin-Lajoie, pour ne nommer que celles-là.

1902 – Québec

Publication du Traité de droit usuel de Marie Lacoste Gérin-Lajoie – Certaines des inégalités de genre et de discrimination que vivent les femmes ont été cristallisées par l’adoption du Code civil du Québec calqué sur le très discriminatoire Code de Napoléon de 1804. Dans un contexte où la conquête de droits civiques est au cœur des mouvements féminins et/ou féministes, la réforme de ce code devient un important cheval de bataille. Toujours est-il que pour contester un document, il est nécessaire de le connaître et de le comprendre. Seulement, l’accès des femmes à l’éducation supérieure est très limitée ;  les femmes sont totalement exclues des formations et des professions de juristes. Marie Lacoste Gérin-Lajoie trouve alors une alternative : elle étudie le droit et le code civil grâce à la bibliothèque de son père, puis publie une synthèse qui vulgarise le code civil et constitutionnel qui s’adresse aux femmes.

1903 – Québec

Fondation de la bibliothèque municipale de Montréal  – En 1903, Éva Circé-Côté fonde la bibliothèque municipale de Montréal, qui se situe au Monument national. Elle travaille au sein de la bibliothèque municipale pendant plus de 25 ans en tant que bibliothécaire adjointe.

1904 – Canada

Création du Canadian Women’s Press Club – Le  club est fondé en 1904 par treize journalistes canadiennes. La moitié de ces journalistes sont anglophones, l’autre moitié sont francophones. Le but de cette entreprise est d’encourager le développement professionnel des jeunes femmes journalistes, ainsi que de promouvoir l’égalité des sexes. Éventuellement, le club s’élargit et inclut des rédactrices publicitaires, des pigistes ainsi que des écrivaines dans le domaine des arts et de la culture. Cette association demeure exclusivement féminine jusqu’en 1971 : le club change son nom pour le Media Club of Canada et admet des hommes en son sein.

1904 – International

Alliance internationale pour le suffrage des femmes – Au début du XXe siècle, rares sont les États qui ont octroyé le droit de vote aux femmes. À la base, cet enjeu divisait de nombreux  féminins et féministes. Cependant, cette cause devient l’un des principaux chevaux de bataille de nombreuses femmes. Réunies à l’occasion du Congrès de Berlin, des femmes issues de différentes régions du monde mettent en place l’Alliance internationale pour le suffrage des femmes . De nombreux pays s’y sont affiliés.

1906 – Canada

Tentative pour accorder le droit de vote en Ontario – En 1902, plusieurs conciles ontariens se penchent sur la question du suffrage pour les femmes. Il faut attendre en 1906 pour qu’un projet de loi soit déposé à l’Assemblée nationale pour accorder le droit de vote aux veuves et aux vieilles filles. Cependant, ce projet de loi est massivement rejeté par les députés, qui s’en moquent. 

1907- Québec

Fondation de la Fédération Nationale Saint-Jean-Baptiste (FNSJB) – Initiée par Marie Lacoste Gérin-Lajoie et Caroline Béïque,le Comité des dames patronnesses de la Société Saint-Jean-Baptiste change son nom pour la Fédération nationale Saint-Jean-Baptiste.  Il s’agit de la première organisation féministe catholique au Québec. La FNSJB tente de refléter les intérêts  des Canadiennes françaises catholiques tout en organisant des campagnes de financement pour des œuvres de bienséances. La FNSJB possède également une revue mensuelle, Bonne parole.

1907 – Québec

Fondation de l’hôpital Sainte-Justine. – Inspirée par l’œuvre d’Irma Levasseur et appuyée par cette dernière,Justine Lacoste-Beaubien fonde l’hôpital Sainte-Justine afin de pallier au fléau de la mortalité infantile. Elle en sera la présidente du conseil d’administration pendant 60 ans. L’hôpital est d’abord situé au sein de locaux privés sur la rue Saint-Denis, puis déménage en 1957 sur son site actuel. Lacoste-Beaubien se rend jusqu’à l’Assemblée nationale pour demander que les femmes mariées œuvrant au sein du comité de l’hôpital soient relevées de leur incapacité juridique. (source https://histoiredesfemmes.quebec/lignedutemps.html#134)

1907 – France

Les femmes mariées peuvent disposer elles-mêmes de leur salaire et peuvent désormais être tutrices de leurs enfants biologiques.

1907 – France

Madeleine Pelletier organise une réunion ayant comme objectif de soutenir les suffragettes anglaises emprisonnées.

1908 – Québec

Ouverture de la première école d’enseignement supérieur pour filles – Cette école est fondée par Soeur Sainte-Anne-Marie qui occupe la position de supérieure à la Congrégation de Notre-Dame. Ce collège classique offre les acquis nécessaires pour que les étudiantes obtiennent leur baccalauréat. La première diplômée de cette école est Marie-Gérin Lajoie.

1908 – France

Le 3 mai ont lieu des élections municipales. Deux militantes posent des actions afin de contester le fait que les femmes n’ont toujours pas le droit de vote. Hubertine Auclert renverse une urne électorale, et Madeleine Pelletier casse une vitre de bureau de vote.

1909 – Canada

La Canadian Suffrage Association en collaboration avec le WTCU fait circuler une pétition en faveur du droit de vote. Ces femmes récoltent plus de 100 000 signature’

samia ; pas trouvé de sources sur le sujet

1909 – France

En février, l’Union française pour le suffrage des femmes est mise en place.

1910 – France

Plusieurs féministes se présentent comme candidates aux élections législatives, dont Marguerite Durand, Hubertine Auclert, Madeleine Pelletier, Caroline Kauffmann.

1912- Canada

Intégration des femmes dans les corps policiers – En 1912, les forces policières de la ville d’Edmonton et de la ville de Vancouver embauchent des femmes dans leurs rangs. La plupart des intervenants sociaux de l’époque encouragent fortement la présence des femmes dans les corps policiers, en justifiant que ces dernières interviennent différemment que les hommes dans diverses situations, parfois mieux. 

1913 – Québec

Création du Montreal Suffrage Association – Présidée par Carrie Matilda Derick, la Montreal Suffrage Association est le premier mouvement organisé qui vise à l’obtention du droit de vote au palier fédéral pour les femmes. Cependant, la population canadienne-française ne s’implique pas vraiment au sein de ce conseil. Cette lacune sera reprochée à l’association, qui par le même fait, n’est pas en mesure de représenter toutes les femmes de la province québécoise. Conséquemment, l’organisation est dissoute six ans plus tard. 

1914 – France

Un  » vote blanc  » organisé par Le Journal recueille 500 000 réponses favorables au vote des femmes.

Le 5 juillet a lieu une manifestation suffragiste.

1914 – Canada

Amendement pour la garde légale – En 1914, les conciles de la Colombie-Britannique font passer un amendement qui permet aux femmes de devenir les gardiennes légales de leurs enfants à la suite du décès du père. 

1914– Québec

Première diplômée en droit – En 1914, Annie MacDonald Langstaff devient la première diplômée en droit de l’Université McGill. Cependant, elle se voit empêchée de compléter ses examens finaux par le Conseil général du barreau de la province de Québec. Sa cause sera portée jusqu’à la cour suprême , en vain : les juges lui refusent l’accès au barreau. Langstaff décide alors de se tourner vers l’action militante pour faire valoir sa cause et tente de forcer les portes du barreau. Elle sera appuyée par Carrie Derick et Marie Gérin-Lajoie. Cependant, la mobilisation n’est pas suffisante. Il faut attendre jusqu’en 1941 pour que le barreau de Québec accepte des femmes en son rang.

1915 – Québec

Amendement au code civil sur la succession – Suite à l’initiative du politicien libéral Narcisse Pérodeau, cet amendement, connu sous le nom de loi Pérodeau témoigne du caractère réformiste du politicien. Cette loi vient en aide aux femmes lorsque leur conjoint décède sans que leur union soit reconnue de façon officielle. Cette loi permet donc aux femmes qui ne sont ni mariées, ni mentionnées sur le testament et ni couvertes par l’assurance vie de leur conjoint de partager les biens existants du défunt avec les héritiers du sang.  Initialement présenté en 1905, cet amendement est seulement adopté 10 ans plus tard, non sans mécontentement. 

1915 – Québec

Fondation du premier Cercle des fermières. – Le regroupement est formé en 1915 par le ministère de l’Agriculture, à Chicoutimi. Originalement, le but des Cercles des Fermières du Québec est de contrer les effets néfastes de l’urbanisation et de la modernisation.L’association revêt de multiples cibles, telles que l’amélioration des conditions de vie des femmes ainsi que la préservation du patrimoine culturel du Québec. Les autorités religieuses s’opposent au Cercle des Fermières, car elles auraient souhaité que le regroupement se joigne aux organisations paroissiales et diocésaines. 

1915 – Québec

Fondation de l’Association québécoise de la Goutte de Lait. – Une première association de la Goutte de Lait est active entre 1905 et 1908 à Québec. En 1915, l’association renaît sous l’initiative de Mathilde Barnard et plusieurs dames patronnesses. Ces femmes veulent sensibiliser la population sur la mortalité infantile élevée. Cette sensibilisation passe par la promotion de l’éducation à l’hygiène et à l’alimentation. 

1916 – Canada

Droit de vote dans les Prairies – Le droit de vote au palier provincial est accordé aux Albertaines, aux Manitobaines ainsi qu’aux Saskatchewenaises. Les femmes de ces provinces peuvent également occuper un poste au sein de la politique provinciale. Le suffrage est obtenu suite à la mobilisation de plusieurs associations féminines dans l’Ouest du Canada, qui s’affairent à promouvoir le droit de vote des femmes de leurs provinces respectives.

1917 – Canada

Droit de vote au fédéral pour certaines canadiennes – Les Canadiennes qui ont un lien de parenté avec une personne qui sert ou a servi dans les forces armées canadiennes obtiennent  le droit de vote aux élections provinciales. C’est aussi durant cette même année que le droit de vote aux élections provinciales est accordé aux femmes de l’Ontario et de la Colombie-Britannique.

1918 – Canada

Droit de vote –  En 1918, toutes les Canadiennes obtiennent le droit de voter aux élections fédérales pour les remercier de leur participation à l’effort de guerre.  Bien que cette loi marque une avancée considérable dans l’agentivité politique des femmes, elle comporte ses limites. En effet, seulement les Canadiennes âgées de 21 ans et plus et qui « possèdent des qualités qui donneraient à une personne du sexe masculin le droit de voter » détiennent ce privilège. 

1919 – Québec

Loi du salaire minimum des femmes – Cette loi empêche la surexploitation des travailleuses. Cependant, elle exclut les institutrices et les infirmières, s’avère inefficace pour protéger les ouvrières et n’est appliquée qu’en 1928.  

1920 – Canada 

Émergence du modèle de la flapper – Ce modèle amorce la fin de l’idéal victorien de la féminité. Influencé par la culture américaine,  ce nouveau standard propose de nouvelles modes, telles que les coupes de cheveux à la garçonne, les robes droites, le maquillage et le vernis à ongles. La flapper devient rapidement une figure influente des années 1920 et se taille une place emblématique dans le cinéma et les magazines féminins. 

1923- Québec

Création de l’Association Catholique Féminine Incorporée – À la suite de la Première Guerre mondiale, beaucoup d’agences sociales sont créées et intègrent le réseau institutionnel catholique. C’est dans ce contexte qu’est fondée l’Association Catholique Féminine Incorporée, dont le but est de fonder des foyers pour les jeunes filles de Montréal. L’association revêt de multiples fonctions : elle agit comme centre de logement, bureau de placement et de référence, club social et centre de services pour les travailleuses et les voyageuses. 

1927 – Québec

Création de la ligue catholique féminine. – Cette association se donne comme mission de faire triompher la modestie vestimentaire, en opposition à l’émergence d’un nouvel idéal féminin qui s’articule autour du modèle de la femme ‘’flapper’’. En 1933, cette association comporte plus de 70 000 membres à travers le Québec.

1929 – Québec

Création de la Commission Dorion (commission sur les droits civils de la femme) – Cette commission est créée par plusieurs associations féminines, telles que la Fédération Nationale Saint-Jean Baptiste, la Ligue des droits de la femme, le Montreal Local Council of Women , l’Alliance canadienne pour le vote des femmes du Québec et l’Association des femmes propriétaires de Montréal. Les revendications de ces groupes sont nombreuses ; on y retrouve entre autres la reconnaissance des femmes mariées du droit à la propriété de leur salaire, la libre gestion des biens acquis de ce salaire et la limitation du pouvoir du mari. Cependant, un bon nombre de ces demandes sont rejetées par les commissaires.

Années 1930 – Québec

Avancement des droits pour les femmes mariées – En 1931, un amendement au code civil permet aux femmes mariées de conserver leur salaire et de disposer de leurs biens qui sont ‘réservés’. En 1932, les femmes mariées en séparation de biens, propriétaires ou signataires d’un bail obtiennent le droit de vote au palier provincial. En 1934, les femmes mariées peuvent désormais ouvrir leur propre compte de banque. Ces mesures démontrent que l’autonomie matérielle des femmes est de plus en plus reconnue aux yeux de l’État. 

 1937 – Québec

Fédération catholique des institutrices rurales. – Le but de cette fédération est d’améliorer les conditions de travail des institutrices rurales. Ces dernières demandent un meilleur salaire, un régime de retraite décent, ainsi que la réglementation de l’embauche et du congédiement des institutrices. Malgré la fondation de la fédération, il faut attendre un moment avant que la situation des institutrices évolue pour le mieux. 

1937 – Québec

Mobilisation des ouvrières de l’industrie du vêtement –  Le 15 avril 1937, plus de 5000 ouvrières de l’industrie du vêtement déclenchent une grève qui durera 25 jours. Il s’agit d’un moment historique : c’est la première grève qui défie la Loi du Cadenas de Duplessis. Cette mobilisation est initiée par l’organisatrice syndicale pour l’Union internationale des ouvriers du vêtement, Léa Roback. Ultimement, les ouvrières obtiennent la reconnaissance de leur syndicat et l’amélioration de leurs conditions de travail et de salaire. 

1940 – Québec

Droit de vote – Les femmes québécoises obtiennent le droit de vote en avril 1940, sous le gouvernement d’Adélard Godbout. Il faut souligner l’apport de Thérèse Casgrain, vice-présidente du Club des femmes libérales : elle réussit à mettre de l’avant le droit de vote des femmes dans le programme du parti libéral lors du congrès qui se déroule en mai 1938. Le clergé québécois s’oppose fermement au droit de vote des femmes, « qui va à l’encontre de la hiérarchie et de l’unité familiale. » Il faut attendre aux élections provinciales de 1945 pour que les Québécoises exercent leur droit de vote

1944 – Canada

Droit de vote pour les Autochtones – En 1944, le gouvernement fédéral accorde le droit de vote aux Autochtones avec statut qui ont servi dans la guerre, ainsi que leurs épouses. Cependant, il faut attendre dans les années 1970 pour constater une réelle avancée dans le suffrage autochtone féminin, notamment par la création de diverses associations autochtones destinées à l’obtention des divers droits équitables pour les femmes.

1945 – Canada

Instauration du programme d’allocations familiales – Suite à la forte participation des femmes à l’effort de guerre , le gouvernement fédéral met en place le programme d’allocations familiales afin de convaincre les mères de retourner travailler au foyer. Le versement de l’allocation familiale est une forme de substitut salarial pour pallier à l’emploi qu’elles quittent. Cependant, ce versement versé aux mères plutôt qu’aux pères attire les foudres des nationalistes caandiens-français, qui considèrent que cette mesure s’attaque au Code civil.

1947- Canada

Loi sur la citoyenneté canadienne – Cette loi stipule que les femmes qui épousent des individus qui ne sont pas canadiens ne perdent plus leur citoyenneté.